[Portrait] Morgane, fondatrice d’Ortie sur la voie du zéro déchet

Hello, hello,

Aujourd’hui sur le blog, je vous invite à découvrir le portrait de Morgane. Morgane est passionnée par de nombreuses choses et ses convictions écologiques l’ont amenée à fonder Ortie dont l’objectif est de sensibiliser à l’écologie tout en fournissant les outils nécessaires. Je suis fan du concept. Les livrets fournis dans la boîte ainsi que les produits sont d’utilité publique !

Peux-tu te présenter et nous raconter ton parcours ?

Je suis Morgane, je suis presque trentenaire, je vis sur Amiens dans une petite maison avec un tout petit jardin très vivant. J’ai grandi dans le béton et les cités de la Seine-Saint-Denis.J’ai fait des études en Littérature Moderne et en Multimédia, spécialisée dans le design de sites internet. J’ai été Webdesigner dans plusieurs entreprises avant de quitter le salariat pour me lancer à mon compte. J’ai d’abord continué à être webdesigner et puis mes premières passions sont revenues à la charge, j’ai donc relancé un blog d’écriture.

J’ai une vie associative riche, dans laquelle je pratique à la fois la Reconstitution Médiévale (14/15eme siècle) et le jeu de rôle grandeur nature – et puis je suis passionnée par tout un tas de choses qu’on n’a pas vraiment de rapport entre elles : l’informatique, la couture, le bricolage, la lecture, la botanique, la gynécologie et l’écologie…

J’ai toujours plein de projets en tête et j’en ai concrétisé un très gros en Mai dernier. J’ai créé ma propre boutique en ligne de produits artisanaux (créés par moi avec mes petites mains) autour des problématiques de recyclage et du sans déchets, que j’ai nommé “Ortie” !

Il y a quelques mois tu as lancé ton entreprise… Peux-tu nous en dire plus sur Ortie ?

Ortie c’est mon bébé dernier né, il s’agit d’une marque en ligne, une boutique numérique avec un concept : apprendre le zéro déchet et se sensibiliser à l’écologie grâce à des boîtes – que j’appelle “Aventure” – sur des thèmes du quotidien.

Aujourd’hui il y a déjà deux Aventures qui sont sorties: sur les courses et sur les produits d’entretien pour la maison. Dans chaque aventure on peut trouver plusieurs accessoires pratiques fait-main par moi-même avec au moins un tissu surcyclé – de seconde main trouvé et sélectionné par mes soins – accompagnés d’un livret pédagogique sur le sujet de l’Aventure pour mettre en pratique les accessoires et comprendre le zéro déchet.

Ortie a été pensé pour être pédagogique, non-genré, recyclé autant que possible et éviter la surconsommation. Notamment en précisant toujours à l’avance ce qu’on contiennent les Aventures et aussi en limitant dans le présent et l’avenir le nombre d’aventures. Il n’y aura que six aventures en tout – si jamais une nouvelle devait sortir elle serait hors sentier (hors série) et ne fera pas partie des perpétuelles de la boutique. Je décide aussi du nombre que je vends pour éviter les stocks d’invendus et m’éviter de créer dans le vide.

Je l’ai appelé Ortie parce l’ortie piquante est une plante européenne que tout le monde connaît et qu’on a déjà rencontré dans notre vie. C’est aussi une plante qui était vénérée dans l’antiquité avant qu’elle ne devienne une “mauvaise herbe” par les amateurices de jardinage du 21eme siècle. Les tissus que je récupère sont considérés comme des déchets, des mauvaises herbes, que je transforme pour leur rendre leur utilité. Tout comme l’ortie, qui est mutable et transformable en beaucoup de choses.

Quels conseils donnerais-tu aux personnes qui souhaitent réduire leurs déchets ?

Les deux premiers ça serait d’être indulgent envers soi-même et de ne pas se comparer. Le chemin pour réduire ses déchets, quand on vient de la société de consommation occidentale est très dur, long et compliqué… Alors bien sûr j’encourage tout le monde à s’y mettre, mais il faut être gentil avec soi. Il y a beaucoup à faire, il y a des personnes qui font plus et d’autres qui font moins.

Et c’est important de célébrer chaque nouveau pas, chaque victoire. Chaque geste compte !

Ne jamais arrêter d’être curieux.se, tout vient de là aussi.

Le zéro déchet, le minimalisme, le recyclage, l’écologie et la collapsologie, tout cela est une question de curiosité, d’apprentissage, de vouloir aller plus loin. Il y a beaucoup de choses encore à créer, à transformer, à changer et c’est cette énergie qui permet de ne pas perdre pied et de se renouveler.

Et enfin, de rester ouvert, des erreurs j’en fais beaucoup et je continuerai d’en faire. Ce que je pense aujourd’hui être le meilleure sera peut-être le pire de demain. Alors gardons l’esprit ouvert sur ce chemin, nous n’avons pas besoin d’orgueil pour réduire nos déchets, on a besoin de pardon.

D’où t’es venu cet intérêt pour la nature/l’écologie ?

Je pense avoir un début de piste, de réponses avec deux choses.

Quand j’étais enfant il y a un dessin animé qui m’a beaucoup marqué (et qui me marque encore), et ce n’est pas du tout un disney. C’était au moment où plein de dessin animé de studio indépendants sortaient au cinéma et notamment “Les Aventures de Zak et Crysta dans la forêt tropicale de FernGully”.

Comme je m’appelle Morgane j’ai toujours été très sensible aux histoires qui parlent de fées, alors un dessin animé avec un peuple de fées qui protège une forêt, c’était génial. Et il m’a fasciné, c’est sûrement le premier dessin animé que j’ai vu qui m’a parlé de déforestation, je parle de cela il est sorti en 1992 ! Puis, y’a un méchant extraordinaire, Hexxus, fait complètement de pétrole je pense… Bref il a bien éveillé la petite écolo en moi.

La deuxième chose, comme je disait j’ai été nourrie depuis bébé de l’histoire de mon prénom, assez jeune j’ai lu les récits de Morgane la Fée. Et je me suis rapprochée de cultes païens qui respectait la Nature comme une mère originelle. Mais je suis née dans le béton, la Nature m’a toujours manqué et je ne la retrouve que maintenant. C’était presque une évidence de vouloir y retourner aujourd’hui.

Quelles sont tes sources d’inspiration ?

C’est une question compliquée, je tire mon inspiration de littéralement partout ! J’ai réussi à miraculeusement gardé mes yeux d’enfant, et du coup je m’émerveille d’à peu près de tout ce qui passe sous mes yeux. Au final je pense pouvoir répondre à “comment t’inspires-tu” haha !

Mais pour répondre à la question, je dirai que j’aime me plonger dans le passé, retrouver les méthodes d’antan, surtout du 13ème et 14ème siècle. Il y a des méthodes, dans le quotidien de cette époque qui me permet de trouver des réponses pour certaines problématiques.

Puis, c’est pas possible de ne pas parler du Pizza Coven, grâce à l’émulation de nos conversations, il y a des choses merveilleuses qui émergent et qui m’inspire tellement. Je ne serai pas là sans toutes les inspirations que j’ai eu grâce au groupe.

Peux-tu nous parler du rapport que tu entretiens à ton corps ?

Cela a été longtemps le sujet de mon blog, je crois que ça l’est encore. Je ne dirai pas qu’on s’entend bien aujourd’hui, on cohabite, on s’apprivoise. J’aime dire que mon corps et moi on s’entendait très bien jusqu’à que le premier être humain fasse un jugement dessus. C’est là que ça a commencé à partir en vrille.

J’essaie d’être dans une démarche bienveillante avec lui depuis quelques années, mais y’a toujours un moment dans l’année où quelque chose ou quelqu’un me fait revenir en arrière. Et rebelotte l’apocalypse. C’est peut-être la chose sur laquelle je travaille le plus au quotidien car je suis grosse et je suis poilue – les médecins ont même trouvé un terme pour parler de ma pilosité, l’hirsutisme.

Alors je me pose toujours la question de la féminité, de la beauté, du bien-être, tout en étant confronté aux regards extérieurs (souvent assez dur avec les personnes comme moi qui ne rentre pas dans les canons de beauté classique). Et dans ce genre de situations on nous parle sans cesse de se détacher du regard de l’autre, de s’aimer tel que l’on est, etc. Seulement vivre dans un corps hors normes c’est presque un combat permanent contre le Monde. C’est très fatiguant. Alors mon corps et moi on s’en sort mais on est un peu fatigués ^^.

Que peux-tu nous révéler sur la vie d’entrepreneure et nous livrer des astuces ?

Si tu veux des aventures, des rebondissements, des hauts et des bas, bienvenue dans l’entrepreneuriat. On ne le dit pas assez souvent, mais devenir entrepreneur -ou en tous cas au début de cette aventure- c’est aussi oublier la sécurité d’un emploi stable. Parce que vivre de son activité c’est hyper chaud. Après je devrai pas me plaindre, Ortie a eu un très beau lancement et quand j’étais webdesigner ça marchait aussi très bien.

En fait je me rend compte aujourd’hui que même si être entrepreneur ça me va, même si pour rien au monde je ne reviendrai dans le salariat, je me rend compte que ce n’est vraiment pas fait pour tout le monde. L’instabilité n’est pas forcément le truc le plus sexy dans le travail. Mais par contre, je sais pourquoi je travaille, je sais pourquoi je fais tout ce que je fais. Et le temps que j’y passe, c’est pour mon projet.

Le truc qui me fait toujours vriller la tête à propos du travail (en général), c’est le ratio temps/argent. De l’argent y’en a partout, par contre mon temps, le tien, et celui du voisin, c’est la valeur la plus précieuse qu’on a, d’ailleurs sa valeur n’est pas quantifiable en euros car on ne récupère jamais son temps. Notamment parce qu’on a pas encore inventé le retourneur de temps. Alors quand je repense à ça, au salariat, etc… je me dis que ça vaut le coup cette instabilité financière car je donne du sens à mon temps.

Et c’est aussi un très grand luxe, très peu de mondes peuvent dire “je choisis ce que je veux faire de mon temps et je peux en vivre”. Il ne faut pas l’oublier.

Quelques mots à dire sur ton cheminement spirituel ?

Ma spiritualité est plus fidèle à moi que je ne le suis à elle. Je me rend compte que ma vie a été ponctué d’aller et retour entre ma spiritualité et moi. Mais depuis que j’ai quitté le salariat je crois bien que j’ai pris un aller simple. Elle évolue énormément et elle est très juvénile, pleine de curiosité et d’envie.

Au final ce chemin spirituel prend racine dans ma propre terre, il est indépendant d’un gourou ou d’un guide physique. Je sens que je suis accompagnée ailleurs et que c’est okay de créer plein de petits chemins terreux tout autour.

Quels conseils donnerais-tu à celleux qui te lisent ?

C’est toujours le même, le meilleur… restez curieux.se !

Portrait chinois

Si tu étais…

  • Un animal : une fouine
  • Une fleur : une pivoine
  • Un livre : Les Contes de la Rue Broca de Pierre Gripari
  • Un objet : un disque dur
  • Une odeur : fleur d’oranger
  • Un bruit : celui du vent dans les arbres
  • Un mot : Cryptozoologie
  • Une célébrité : Louise Bourgoin
  • Une chanson : “Unstoppable” Sia

Pour aller plus loin:

Laisser un commentaire