[Portrait de femmes] Daphnée, cofondatrice de Mazonia

Peux-tu nous présenter ton parcours ?

Je m’appelle Daphnée, j’ai 25 ans et suis la co-fondatrice de la marque solidaire de sacs Mazonia.
J’ai passé ces quatre dernières années à voyager, une vraie bougeotte s’est emparée de ma petite personne. J’ai vécu en Australie, aux Pays-Bas et en Israël; j’ai également fait plusieurs roadtrips solo en asie du sud est et en Amérique Latine. Un bonheur ! Je dois avoir 100 000 km au compteur et le compteur va certainement encore augmenter étant donné que Mazonia est basé en Colombie. J’ai pu me permettre ces aventures grâce au format de mon école de commerce qui inclut beaucoup d’intervention à l’étranger et une année de césure. J’ai en parallèle une spécialisation en marketing et en entreprenariat. S’il faut résumer mes deux passions, ce serait donc le voyage, ou plutôt le “backpacking” pour être plus précise (les voyages en bus touristique non merci), et l’entreprenariat.

Peux-tu nous en dire plus sur Mazonia ?

Je reviens donc d’un trip de cinq mois en Amérique du sud, où je me suis retrouvée au milieu d’un peuple autochtone colombien, les Wayuus. Ils exercent un artisanat magnifique : le tissage à la main des « mochilas ». Je me suis rapidement rendu compte qu’à côté de ces merveilles traditionnelles, ils vivaient dans des conditions très précaires et c’est ainsi que me vint une idée : Pourquoi ne pas utiliser la qualité exceptionnelle de leur artisanat pour contrer leur pauvreté ? Avec mon associée Jeanne qui est styliste & graphiste, nous avons décidé d’agir et de lancer la marque éthique Mazonia ! Chaque sac acheté correspond à un projet humanitaire soutenu pour améliorer la vie des communautés Wayuus. Nous passons toujours par des associations et fondations locales intervenant sur  différents sujets tels que l’accès à l’eau potable, l’éducation et l’aide alimentaire.
Mazonia est une marque hybride. Notre mission est d’améliorer la vie de gens dans le besoin tout en étant une marque de mode. Notre volonté est de créer une mode différente, une mode utile.

Nous voulons contrer les abus de la fast fashion où le respect du produit se perd… Le savoir-faire wayuu est ancestral et transmis de génération en génération. C’est un art, et surtout un art de vivre. Derrière un sac Mazonia, il y a une histoire et un savoir faire, ce qui rend ainsi chaque sac est unique. Mazonia est aussi une rencontre de deux cultures sous une même marque ! La marque combine les savoir-faire wayuu et les goûts occidentaux. Nous répondons à la demande de plus de traçabilité, de naturalité et d’éthique dans l’acte de consommation. Comment? En donnant du pouvoir et une seconde vie à l’achat, en Colombie notamment, au service d’un peuple autochtone. Un achat de sac devient une action au service de l’Homme. Les consommateurs veulent participer à bâtir un monde meilleur, on le voit, et n’hésitent pas à encourager les projets éthiques et solidaires comme Mazonia. Cet éveil des conscience force l’optimisme sur l’avenir de notre société.

Tu as eu l’opportunité de visiter de nombreux pays, lequel t’a le plus inspiré ?

C’est évidemment mon voyage en Colombie mais je dirais que d’autres voyages ont d’une certaine façon préparé celui ci. En effet, j’ai eu l’occasion de découvrir le sort de peuples aborigènes en Australie et Navajos dans le grand ouest des Etats Unis. Les aborigènes ou Navajos sont aujourd’hui en crise identitaire profonde et leur intégration dans la société occidentale se fait difficilement. Ces autochtones, balancés entre deux cultures, sont particulièrement touchés par l’alcoolisme, le chômage et la misère. Quand j’ai pu rencontrer les Wayuus, je me suis promis de faire de mon mieux pour défendre leur culture et leur mode de vie. Il n’est pas trop tard ! Alors agissons.

Peux-tu nous parler de l’entreprenariat ? Quel est le plus gros challenge selon toi ? Et qu’est ce qui te plait le plus dans cette aventure ?

L’entreprenariat est une bouffée d’air frais pour moi. C’est la capacité de travailler pour ses rêves et non plus pour quelqu’un d’autre. L’entrepreneuriat représente pour moi l’indépendance; tu deviens ton propre patron, un travail qui prend sens où tu agis en accord avec tes valeurs et surtout, une aventure de tous les jours : pas un jour ne ressemble au précédent. Après, il faut être capable de travailler comme un forcené, ne plus compter ses heures et être à 100% tout le temps. C’est un mode de vie particulier mais qui est passionnant. En général, le plus gros challenge dans l’entreprenariat est le rapport à l’échec. En France, l’échec est mal vu alors que c’est la meilleure des écoles. Un échec nous marque au fer rouge, sur ce qu’il faut faire et ce qui ne faut pas faire. Echouer c’est une excellente façon d’apprendre. Si je dois parler d’un challenge entrepreneurial par rapport à Mazonia, je dirais qu’il faut que l’on arrive à se faire connaître du plus grand nombre !

Portrait chinois

  • Si tu étais…
  • Un animal: une panthère, mon animal totem si je me fie à mes voyages chamaniques
  • Une fleur: Une Daphné, et oui, c’est aussi le nom d’une fleur !
  • Un livre: Le Petit Prince de Saint Exupéry. L’essentiel y est.
  • Un objet: mon sac Mazonia, évidemment. Je ne sors jamais sans lui !
  • Une odeur: L’odeur du gâteau au chocolat qui est encore dans le four. Rien de mieux.
  • Un bruit: le chant des coqs qui me réveillaient tous les matins lorsque j’étais en Argentine (je ne dis pas que c’était toujours une bonne chose…) 😉
  • Un mot: Bienveillance. Je m’efforce d’accueillir chaque idée, chaque personne et même mes défauts, sans jugement et avec empathie. C’est un vrai travail !
  • Une célébrité: Pierre Rabhi, j’aimerai qu’il prenne plus de place dans l’espace médiatique et politique.
  • Une chanson: Son of a Preacher Man de Dusty Springfield, c’est ma chanson du moment ou Ben Mazué ft. Pomme – J’attends (Session acoustique) que j’ai découvert il y a peu.

Voir aussi:

 

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