[Expire] De la nécessité de ralentir

Hello, hello,

Ce soir j’ai envie de partager avec vous mon cheminement de ces dernières semaines. J’ai toujours pensé que pour la plupart d’entre nous, les comportements sont en grande partie dictés par les peurs. Cependant il m’a fallu bien plus longtemps pour réaliser que tapies dans l’obscurité de mon inconscient, il y avait une multitude de peurs.

C’est sournois la peur car c’est souvent programmé en nous de manière inconsciente… Des peurs, j’en ai des tonnes: la peur de mourir, la peur de souffrir, la peur de manquer d’argent, la peur de l’abandon, la peur de ne pas être aimée, la peur de vieillir, la peur de perdre le contrôle, la peur de perdre mon temps, la peur de l’échec… Venir vous écrire tout ça est une étape du processus de guérison de mes peurs. Je souffre de ce qu’on appelle FOMO – Fear Of Missing Out. J’ai peur de louper des choses, peur de perdre mon temps alors j’essaie d’en tirer profit (notez la sémantique…) en planifiant tout soigneusement: lorsqu’un mois débute, mon agenda est déjà rempli pour les 30 jours à venir…Je sais que tous les lundi j’assiste à mon cours de théâtre, que le reste de la semaine sera rempli de séances de yoga, séances de sport, éventuellement de verres entre amis.

J’ai pris conscience que j’étais control freak il y a seulement quelques mois et j’ai surtout enfin fini par comprendre que c’était contre productif car en prévoyant trois choses dans la même après-midi, je me retrouvais parfois contrainte à devoir annuler quelque chose et surtout que je devais constamment me dépêcher (chose que je déteste) et pire encore, que les seuls moments de repos que je m’octroyais étaient ceux où mon corps me lâchait gracieusement. Preuve en est, cet hiver a été l’un des pires de ma vie au niveau santé, ma peau n’a pas manqué de manifester au monde extérieur que ce qui se tramait à l’intérieur ne lui plaisait pas en affichant un eczéma sur une bonne partie de mon visage, je n’ai jamais eu autant de crises d’asthme de ma vie et j’ai enchainé sinusite, rhume, angine et conjonctivite dans un joyeux tourbillon de fatigue extrême.

Par ailleurs, l’un des gros inconvénients à ne pas passer beaucoup de temps chez moi: je m’alimentais mal voire peu ou pas du tout certains soirs. J’ai donc perdu du poids mais surtout ma forme, mon énergie … J’ai donc décidé que je n’avais plus envie de continuer sur ce rythme de vie où:

– Mon frigo était quasiment tout le temps vide.

– Je dépensais beaucoup car il faut être réaliste, sortir à Paris, ça coûte cher.

– Mes plantes faisaient la gueule et mon parquet avait besoin d’un bon coup de propre (hum).

Tout cela pour partager avec vous la première révélation de cette année 2019, c’est que j’ai décidé d’enfin ralentir. De m’octroyer ce luxe qui n’a pas de prix: farniente. Ne rien faire. J’arrête de croire que ma vie est une course à la performance et à la productivité, j’arrête la course contre la montre puisque de toute façon je n’aime même pas courir (hihi). J’ai décidé d’agir avec amour envers moi-même, de m’autoriser à lâcher prise, de m’autoriser à ne pas être une machine qui doit constamment être en action. Je délaisse le FAIRE au profit de mon ETRE.

Je sens que mon corps a tiré la sonnette d’alarme, j’ai besoin de m’accorder du repos, d’activer l’énergie yin de ma vie, d’être moins dans l’action et plus dans la douceur et surtout de cultiver la bienveillance envers moi-même afin de pouvoir transmettre cela autour de moi. Je comprends qu’il est inutile de vouloir prouver quoique ce soit. Je comprends que l’inaction apparente est une bénédiction car seule chez moi, j’apprends à faire de la place, à me donner de l’espace pour que la créativité puisse revenir dans ma vie. Je réalise que ce que je veux par dessus tout c’est ECRIRE et écrire sur une page noircie par le tumulte de mes activités est infiniment plus difficile que de rédiger sur une page blanche.

Par ailleurs, j’ai compris que blinder mon calendrier d’activités était une manière de fuir, de ne pas m’atteler à l’avancement de mes projets personnels (je suis très forte en procrastination), de ne pas faire des choses que je déteste comme les tâches administratives… J’ai donc décidé de me libérer de certaines contraintes et de me libérer d’autres… Bref, un joyeux programme en perspective,

Alors bien entendu, je n’ai pas trouvé le remède ultime pour vaincre ses peurs mais je crois bien que commencer à agir avec bienveillance est déjà un pas immense dans le processus de guérison.

La preuve, je viens de rédiger cet article d’une traite. Tout cela pour pouvoir exorciser ma peur (FOMO pour ceux et celles qui ont suivi) et pour vous inciter à partager, si vous le souhaitez, vos astuces bien-être et ‘slow life’.

Sur ce, je vous embrasse et n’oubliez pas de ne rien faire. Surtout le dimanche.

Photo: © Harrys Bibila pour Sea Sheperd, lors de la masterclass chez Abhaya Shala pour lever des fonds en faveur de Sea Sheperd.

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