[Voyage] Quitter Mildura pour la douceur de vivre à Byron Bay

Hello, hello,

Je reviens enfin ici pour vous raconter la suite de mon séjour en Australie… A Mildura, je suis tombée amoureuse du ciel. La hauteur des bâtiments là-bas permet de pouvoir admirer l’immensité du ciel. Les jours où le réveil sonnait à 5h30 pour se rendre au travail, sur la route menant à la ferme, à travers les vitres sales du van, je restais toujours admirative devant les levers de soleil. Chaque jour c’était un spectacle magnifique;, chaque jour, le ciel se teintait de couleurs différentes… Le soir, on aimait aller derrière l’hostel, de l’autre côté de ces horribles murs en tôle froissée, regarder le ciel se parer d’incroyables couleurs roses, orangées, voir les nuages se gorger de lumière…

Le 18 novembre dernier ce fût le moment de quitter Mildura, ce lieu où le temps semble ralentir sa course, où le vent et le sable donnent régulièrement des allures apocalyptiques au ciel, quand la ville est recouverte d’une sorte de brouillard de sable à travers lequel on distingue à peine le soleil…Par la fenêtre du bus menant à Melbourne, je contemplais ces paysages désormais devenus familiers; les vignes qui s’étendent à perte de vue, leur alignement parfait, le paysage aride, les gommiers, la beauté poétique des jacarandas, ces arbres violets que l’on voit un peu partout le long des routes… J’ai ressenti une forme étrange de mélancolie et surtout une vague immense de tristesse. J’ai laissé mes émotions me traverser sans résister.  Lorsque mes larmes ont fini de couler, j’ai ressenti une sorte de soulagement et un sentiment de paix car je savais que partir était la bonne décision. C’était le moment de quitter le Victoria et surtout de kiffer ma vie et mon expérience ici! J’étais assez excitée à l’idée d’aller seule à Byron Bay.

Tout ne s’est pas déroulé comme prévu à Mildura. Les premiers jours, j’ai détesté l’hostel…. Et pourtant j’ai eu du mal à quitter Benetook, malgré tous les désagréments, malgré la promiscuité, le bruit, la situation professionnelle qui laissait un peu à désirer….Une part de moi appréhendait un petit peu le retour à la « réalité » et surtout de me retrouver loin des amis que je me suis fait là-bas.

Il m’a fallu un peu de temps puis j’ai compris qu’il fallait dire au revoir à certaines personnes et accepter que les choses ne se soient pas déroulées comme je l’avais espéré. En quelques semaines en Australie, je crois avoir beaucoup ‘grandi’. Les rencontres que j’ai faites m’ont appris à être moins naïve, j’ai du remettre en question mes schémas et modes de fonctionnement… J’ai aussi réalisé que je faisais des rencontres dites ‘karmiques’ et que même si ce n’était pas ce que je voulais, c’était ce dont j’avais besoin.

Cela prendra du temps pour que j’oublie complètement mais je comprends que certaines personnes ont été mises sur mon chemin pour me forcer à changer mon regard sur les choses, me permettre de voir les choses d’une autre perspective, regarder ce qui se trame en moi et affronter mes peurs en les regardant dans les yeux. Disons que cela a été confrontant mais que cet apprentissage difficile a été grandement bénéfique. J’ai aussi réalisé que j’étais tombée dans une sorte d’inertie là-bas, que j’avais perdu mon indépendance en me reposant sur les personnes dont je me sentais proche et que cela ne me rendait pas service car je devais penser à moi avant tout: notamment ma situation professionnelle et financière. Lorsque je me trouvais là-bas, j’ai mis mon intuition en sourdine pendant quelques temps et lorsque je me suis de nouveau écoutée, ma petite voix intérieure m’a dit de reprendre le contrôle de ma vie et de passer à l’étape suivante. Cela ne s’est pas fait sans heurt et je me suis sentie très seule d’un coup, comme amputée d’une partie de moi-même. Cette expérience à Benetook Hostel a été une aventure humaine hors du commun et malgré tout, je n’ai aucun regret.

Après avoir passé une courte nuit à Melbourne, j’ai pris l’avion pour Gold Coast puis le bus pour arriver à Byron Bay. Je ne prends pas souvent l’avion alors quand je le fais, ça me fait toujours un drôle d’effet. Comme si ce voyage marquait le début d’une nouvelle aventure, un nouveau chapitre à vivre…

Voir la Terre depuis le ciel permet de regarder les choses d’une autre perspective. Ma vie à Mildura me paraissait à 10000 lieues et tout s’est mélangé dans une sorte de tourbillon étrange où se sont mêlés ma peine de coeur, mes joies, nos fous rires, mes larmes, nos moments de complicité… Et tout cela a commencé à se dissiper dans le bleu du ciel et la douceur des nuages pour laisser place à l’instant présent. J’étais là, à bord d’un avion, avec la chance de pouvoir contempler les nuages dans le ciel et la Terre à travers le hublot de l’avion. J’étais seule, pour la première fois depuis longtemps. Fini la musique à fond dans les parties communes, le son de la guitare électrique qui se mélangeait à celui du violon, le bruit des bavardages qui m’empêchait de penser….D’un coup, je pouvais de nouveau m’entendre, m’écouter, me recentrer sur moi. Ce retour au calme a été salvateur. Ecouter cette voix en moi, c’est ce dont j’avais besoin. Elle était un peu cassée mais le temps répare tout.

Dès mes premiers instants à Byron Bay, j’ai su que j’allais aimer ce lieu. J’ai senti une sensation de liberté immense m’envahir. Je crois que c’est pour ça que j’aime le voyage. Je ne me sens jamais aussi vivante que lorsque je suis en mouvement et que je découvre des nouveaux lieux et des nouvelles personnes… En plus, j’ai enfin pu rencontrer Diane, une française qui vit là-bas avec qui je communiquais régulièrement depuis notre arrivée en Australie ! Diane vit à Byron Bay et m’a fait découvrir des bons restaus, on a aussi pris un cours de surf ensemble, c’était d’ailleurs assez drôle ahah.

J’ai adoré Byron Bay. C’est une jolie petite ville qui regorge de boutiques mignonnes, de restaurants, de glaciers, de surf houses. C’est difficile de décrire cet endroit, mais il s’en dégage quelque chose d’extrêmement paisible: pas de stress, juste du soleil, les plages, le kiff. Il y fait bon vivre, c’est une véritable bulle de douceur, un petit paradis…

Sur les recommandations d’amis, j’ai logé au Wake up! hostel. C’est un très beau lieu qui met à disposition des voyageurs des vélos pour pouvoir se balader, des planches de surf et qui propose également une navette qui circule toute la journée entre l’hostel et le centre-ville. Des cours de yoga sont également proposés le matin, des cours de sport, des soirées avec de la musique live et le dimanche matin des pancakes… J’ai adoré y séjourner. Le seul bémol, c’est que l’hostel est grand, très grand et cela rend le tout un peu impersonnel. Cela dit, vous pouvez y aller les yeux fermés car c’est un hostel très agréable.

J’ai particulièrement eu un coup de coeur pour The Farm. Un lieu idyllique où l’on peut voir des vaches, des coqs, des chevaux, des champs de fleur et de légumes… C’est vraiment super beau. Si vous vous rendez à Byron Bay un jour, je vous conseille de vous restaurer chez Three Blue Ducks, le restaurant de la ferme qui propose uniquement des produits locaux et frais. Le cadre y est sublime, le personnel accueillant et la nourriture aussi belle que bonne.

Byron Bay étant la ville la plus à l’est du pays, les levers de soleil sont apparemment incroyables. J’aimerais pouvoir en testifier mais le jour où je me suis levée à 4h du matin pour pouvoir admirer les couleurs de l’aube, le ciel était malheureusement trop couvert et la vue depuis la Light House était jolie mais pas exceptionnelle…

Pour conclure, cette semaine de vacances m’a fait le plus grand bien, j’ai profité à fond et rencontré plein de personnes chouettes. Ces quelques jours m’ont permis de tourner la page sur des moments difficiles, de me ressourcer, de faire mon ‘deuil’ du chapitre Mildura.

J’ai eu du mal à quitter Byron car je me sentais vraiment bien là-bas mais une place s’est libérée chez Homestyle Lodge, je me suis donc rendue à Brisbane puis j’ai commencé le travail dans une autre ferme !

La suite arrive bientôt dans un prochain article !

 

 

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