[Voyage] De Laidley à Agnes Water en passant par Noosa

Hello, hello,

 » Quelle est la différence entre une vie faite de confort et de sécurité et une vie faite de  risques et d’insécurité totale ? Une c’est être comme tout le monde. L’autre est un grand frisson, elle encourage quelque chose d’inconnu et d’illimité qui est omniprésent. Et c’est cela vivre une vie spirituelle. » Andrew Cohen

Une de mes amies m’a demandé « Est-ce que ce voyage t’apporte ? » Et pour cause, le contexte de mon séjour en Australie est particulier. 2019 a été l’année la plus sèche et la plus chaude en Australie, avec pour conséquence des bushfires qui sévissent un peu partout et embrasent le pays.

J’ai publié un bref article à ce sujet, l’Australie brûle depuis le mois de Septembre dernier. Au moment où je vous adresse ces mots, les plus grands feux de brousse ont été maîtrisés, la pluie tant attendue s’est mise à tomber mais certains bushfires sont encore en train de brûler…

Cette ambiance annonciatrice de fin du monde (ou du moins de fin d’une ère) est extrêmement douloureuse. Je le ressens à mon échelle mais je ressens aussi qu’au niveau collectif, la sonnette d’alarme a été tirée. Allons-nous faire l’autruche une fois de plus (sachant que quelques mois plus tôt cette année, c’était l’Amazonie qui brûlait) ?

ça m’est arrivé de tout remettre en question. Est-ce que j’ai envie de rester dans un pays où le niveau de toxicité de l’air est dangereux en raison des nuages de fumée qui s’élèvent dans le ciel ? Est-ce que tout cela vaut le coup ? Ne ferai-je pas mieux de rentrer en France ?

Je me suis assise dans le jardin pour méditer, écouter le bruit des oiseaux qui chantent, le bruissement du vent dans les feuilles de l’arbre sous lequel je pratique quotidiennement le yoga… Et soudain, la réponse m’est apparue avec clarté.

Je suis plus heureuse ici qu’ailleurs. J’ai la chance d’être en sécurité pour le moment dans le Queensland. Je dois avouer que pas m’imaginer entassée dans la ligne 13 du métro parisien ou devoir marcher une heure pour traverser Paris en raison des grèves me fait plus mal au coeur que de vivre ici, à l’autre bout du monde, dans une bourgade de 3000 habitants. Mon « ancienne » vie me parait à 10 000 lieues d’ici (et pour cause, je suis désormais à l’autre bout du monde): d’une vie passée assise derrière un ordinateur, à répondre à des emails, devoir subir les remarques désagréables de ma hiérarchie, je vis désormais une vie diamétralement opposée. Je ne sais pas si cela me conviendra toute ma vie mais pour le moment, je sens que cet éloignement des ‘tentations’, des sorties, des distractions extérieures, me permettent d’aller trouver ce à quoi mon coeur aspirait. Je me rapproche de moi-même, de l’essence de mon être et même si je ne suis pas totalement libre, je n’ai plus cette impression d’enfermement que je ressentais auparavant.

J’ai parfois ces élans de créativité qui surgissent sans prévenir alors que mon imagination peinait à fleurir au milieu du béton. JE SAIS que la France ne se résume pas à Paris, mais je vous parle de ma vie, là où j’ai vécu le plus longtemps et là où se trouvent la plupart de mes proches.

Dans un article précédent, je vous racontais que j’avais été contactée par Homestyle Lodge, un working hostel dans le Queensland. J’ai travaillé pendant deux mois là-bas afin de compléter mes 88 jours de ferme. Seulement, de nombreuses choses ont eu raison de moi notamment la chaleur moite et étouffante… Travailler toute la journée en plein soleil quand le thermomètre affiche en moyenne 36 degrés et grimpe parfois jusqu’à 42 c’est très difficile et j’ai fini par sentir que ce n’était plus juste pour moi de rester là-bas.

Je subissais une fatigue grandissante, comme une sorte de voile noir qui s’abattait sur moi vers 21 heures tous les soirs et me plongeait dans un état de torpeur. Après des semaines (voire des mois) à me lever à 5 heures du matin, ma motivation commençait à s’essouffler et j’ai décidé de recharger les batteries et de PROFITER un peu. En ayant un visa working holiday d’un an, douze mois ça peut paraître long mais au final, sans surprise le temps file… Et rester cloîtrée au même endroit, que ce soit à Mildura ou à Laidley créé une coupure avec le monde extérieur. ça a un côté réconfortant d’être dans sa bulle mais ça comporte aussi son lot de frustrations; l’Australie est un pays tellement grand que je sais que j’en n’aurais jamais fait le tour !

On a donc pris la route vendredi matin, après des au revoirs difficiles avec nos colocataires, la Homestyle Lodge family. Ce fût un départ émouvant, je sais que toutes ces personnes vont me manquer et j’espère sincèrement qu’on fera en sorte de se revoir, ici ou ailleurs.

Premier arrêt du road trip: Noosa. Cet endroit est connu comme l’un des plus beaux du Queensland. Et pour cause ! Entre la plage de sable blanc, l’eau émeraude, le Park National et ses merveilles, la nature luxuriante… On en a pris plein les yeux. Nous sommes arrivés en début d’après-midi, après avoir fait le chek-in au camping Noosa River Holiday Park, on décide de se rendre directement à Main Beach. La plage est magnifique, les rochers noirs qui longent la plage, la végétation foisonnante…

Après la plage et un petit tour en ville, on se rend au Laguna Lookout où l’on a droit à une vue imprenable…Le ciel était un peu trop couvert pour que l’on puisse profiter pleinement du coucher de soleil mais les moments qui l’ont précédé sont très doux et on en profite pour ne rien faire.

Pour être honnête je ressens un mélange de nostalgie et de plaisir. C’est le moment de transitionner d’une vie en communauté avec un travail ‘stable’ à l’aventure et même si cela me réjouit, j’ai besoin d’un temps d’adaptation.

Le lendemain, réveillée à l’aube par le chant des oiseaux et la chaleur qui envahit le van, on part prendre un bon petit-déjeuner au Café Le Monde. Il n’y a pas beaucoup de backpackers à Noosa, c’est une sorte de Saint-Tropez avec des boutiques de luxe, un centre-ville ‘aseptisé’ mais je dois avouer que la parisienne en moi était juste contente de pouvoir prendre un bon petit-déjeuner en terrasse 🙂

On part ensuite se balader dans le National Park de Noosa. C’est vraiment super beau, on en prend plein les yeux… On a même vu un koala 🙂 Je profite de cette balade pour me baigner dans les ‘fairy pools’ ces petits bassins naturels d’eau que l’on peut trouver dans le parc. Notre séjour à Noosa a été de courte durée car nous avons convenu d’arriver à Agnes Water samedi soir. C’est grâce au site helpx que j’ai trouvé cela. Helpx est un site qui met en contact les backpackers et les fermes/hostels/familles d’accueil. En échange de deux ou trois heures de travail par jour, vous logez gratuitement et avez aussi éventuellement droit aux repas offerts.

On commence le travail dès le lendemain de notre arrivée, le dimanche. Le travail est facile, il faut faire le ménage dans les chambres de l’hostel. Le temps passe hyper vite et on profite du reste de la journée pour ne RIEN faire hormis quelques courses dans le centre-ville d’Agnes Water. Franchement ça fait du bien de souffler pour une fois, après ces dernières semaines où la fatigue s’accumulait…

Les soirées ici sont un peu plus fraîches qu’à Laidley mais dans l’ensemble il fait encore très chaud. J’ai hâte de visiter ce qui se trouve aux alentours de l’hostel et de vous partager tout cela dans de futurs articles!r

En tout cas, ce que je retiens de cette expérience c’est que vouloir faire ses jours de ferme en plein été dans le Queensland n’était certainement pas la meilleure idée que j’ai eue: ce n’est pas la haute saison, il vaut donc mieux attendre que les températures soient plus douces pour que cela soit plus propice au travail.

 

 

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